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L’équipe-type des sous-cotés

L’équipe-type des sous-cotés
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Khedira, Giroud et Pedro, trois joueurs pas forcément encensés de toute part en Europe. (Reuters)
 

Je me suis fait un peu fait plaisir, je vous l’avoue, lorsque j’ai écrit l’équipe-type des surcotés. Ça m’a fait beaucoup de bien de dézinguer de la starlette de pacotille comme Balotelli. Mais défendre « l’opprimé » est également une action qui vaut la peine. Je vous propose donc l’équipe-type des joueurs sous-cotés par les journaleux qui nous polluent, cette fois-ci en 4-3-3.

David De Gea (gardien de but, sans doute trop beau)
J’ai rarement entendu un gardien récolter autant de moqueries injustifiées. Rappelez-vous, David De Gea est arrivé à Manchester United, à 20 ans à peine, avec une pression folle: garder les buts d’une des plus grosses écuries au monde et surtout passer derrière l’icone Edwin van der Saar. Et il y est parvenu le bougre ! Pourtant, malgré des prestations de haut-vol, l’Espagnol s’est fait tailler en beauté par Stéphane Guy et les autres micros de plomb made in Canal Plus. Son défaut ? A part être trop beau, je ne vois pas… Ah si, on lui a reproché (avec malhonnêteté) d’être trop tendre pour le jeu anglais. Un faux argument. Malgré sa jeunesse (il a aujourd’hui 22 ans), David De Gea sait très bien se faire respecter dans la zone de vérité. Quant à son mètre 92, il se marie avec une rapidité incroyable pour se coucher sur les ballons. L’un des tout meilleurs et l’un des plus sous-estimés.

Pablo Zabaleta (arrière-droit aux cuisses normales)
A Manchester City, Pablo Zabaleta est un joueur qui compte. Il ne fait pas forcément de bruit, mais il compte. Il est régulier dans ses performances. Pourtant, alors que l’Argentin rend de précieux services aux Skyblues depuis quatre saisons, on entend moins parler de lui que de Micah Richards. Comme souvent, les journalistes français préfèrent s’extasier sur ces imposteurs aux grosses cuisses (que deviens-tu Noé Pamarot ?), même s’ils sont bêtes comme leurs pieds, carrés de surcroît. L’inverse de Zabaleta, qui montre quasiment à chaque match (avec City ou l’Argentine) une intelligence de jeu appréciable et un esprit collectif toujours intact. Ce qui, vous l’aurez compris, n’émeut pas pour un sou nos chers reporters en toc.

Philippe Mexès (défenseur central, bouc émissaire comme deuxième métier)
Ah Philippe, tu es nul ! Tu es le maillon faible de notre grande équipe, celui qui a détruit tous nos rêves de grandeur. Plus jamais Philippe, tu m’entends, plus jamais tu ne reviendras ! Voilà ce qui se passe dans la tête d’un Vincent Duluc depuis plusieurs années par exemple. Le minable journaliste de L’Equipe, dont la connivence avec ses potes de l’équipe de France (Gallas et Abidal) fausse toute tentative d’analyse, fait partie de ces professionnels (ils sont plutôt nombreux) d’une malhonnêteté crasse. Lors du dernier Euro, par exemple, alors que la France de Laurent Blanc a produit l’un des football les plus effroyables que l’on ait connu (merci la géniale génération 87 !), Duluc (et d’autres) a réduit le fiasco tricolore à une incompétence de notre défense centrale. Adil Rami et donc Philippe Mexès, qui avait déjà récolté en Autriche un 1/10 affolant de sévérité dans L’Equipe il y a quelques années, ont pris tout ce que les Nasri, Ben Arfa, Ménez, Benzema et autre Blanc ont évité de la part des lâches plumitifs. Gerbant.

Jan Vertonghen (défenseur central, à ne surtout pas confondre avec Vermaelen)
Je vous rassure, c’est le troisième et avant-dernier joueur de Premier League dans cette équipe-type. Mais quel joueur ! Encore (trop) méconnu, Jan Vertonghen est un défenseur central sublime à voir jouer. Pourquoi ? Parce que, à l’instar d’un Thiago Silva, il défend avec une propreté fascinante. Il y a les tricheurs (Ramos, Pepe, Skrtel, Motta, …), qui ne savent pas faire autrement qu’en contournant les règles (je défonce tout ce qui vient et je jure d’avoir touché le ballon), et puis il y a Vertonghen. Les journalistes de Canal Plus soulignent souvent la saison exceptionnelle de Gareth Bale à Tottenham, les arrêts énormes d’Hugo Lloris ou les chevauchées d’Aaron Lennon. Au milieu de ces flatteries parfois pompeuses, ils en oublient évidemment l’importance du stoppeur belge dans la belle saison des Spurs. Un joueur de 25 ans, formé à l’Ajax, qui serait certainement considéré par ces mêmes incompétents comme le meilleur au monde s’il jouait à Arsenal ou au Real.

Benoît Trémoulinas (arrière-gauche, bolide de course)
Il n’est pas forcément en manque de reconnaissance lorsque l’on évoque ses prestations en Ligue 1. Mais, Benoît Trémoulinas est clairement sous-évalué lorsque certains, peu nombreux, tentent d’associer son nom à la glorieuse équipe de France. Les ricanements servent souvent de réponse aux journaleux qui gravitent dès qu’ils le peuvent autour de Clairefontaine. Benoît Trémoulinas ? Vous plaisantez ? Et pourquoi pas Lucas Digne ?! rétorqueraient volontiers les Duluc et autres vendus, qui ne jurent que part le nom ronflant du club, le salaire du joueur et le nombre de sélections. Et ils ont bien raison puisque Patrice Evra et Gaël Clichy (66 matches à eux deux en Bleu) ont si souvent illuminé de leur intelligence et de leur classe le flanc gauche tricolore… Hum hum… En attendant que certains osent révolutionner les méthodes assez débiles qui permettent d’accéder au « monde Bleu », je rappellerais juste que Benoît Trémoulinas est un excellent centreur, intelligent balle aux pieds et toujours motivé pour donner de sa personne. Juste comme ça, au cas où…

Benjamin Corgnet (milieu relayeur droit, le cerveau que n’a pas Pogba)
Ah, Paul Pogba. Le profil type du joueur érigé au rang de star parce qu’il est costaud, rapide et qu’il chauffe le banc… de la Juve. Ah Pogba, pour ceux qui ne le suivent pas de près à Turin, il y est très souvent médiocre le peu qu’il y joue. Comme hier soir, face au Bayern Munich d’ailleurs. Et pendant que la France du foot encense un milieu qui brille par son incapacité à faire les bons choix, d’autres joueurs, moins exposés, affichent une lecture du jeu affolante. C’est le cas de Benjamin Corgnet, milieu à tout faire de Lorient, et surtout à faire bien jouer les autres. Un type sympa quoi, mais pas que. C’est le maillon essentiel qui permet à son équipe de bien faire circuler le ballon. Vous savez, ce genre de joueurs qu’on n’a pas vu en équipe de France pendant des années avant que Mathieu Valbuena n’y entre par la grande porte. Imaginez, enfin, essayez d’imaginer le football que les Bleus pourraient proposer avec plus de joueurs de ce calibre. Comment ? On me dit dans l’oreillette que l’Espagne, l’Allemagne et l’Italie font ça depuis des années ?

Sami Khedira (milieu central, trop souvent en tournée avec les Red Hot)
C’est peut-être l’un des joueurs les plus sous-cotés au monde actuellement. Enfin, depuis la France tout du moins. Sami Khedira, ce joueur si indispensable à l’équilibre parfois précaire du Real Madrid, n’est quasiment jamais cité au milieu des starlettes que sont Ramos, C. Ronaldo et autre Benzema. Pourtant, avec les Merengues, son apport est crucial. Sa présence sur un terrain offre souvent du spectacle et je n’ai aucune honte, en tant qu’amoureux du Barça, à affirmer que j’aime regarder jouer le Real et la Mannschaft quand il est là. Khedira, comme Özil, est un régal pour les yeux. Ses relances propres et intelligentes offrent autant de bonheur que ses offensives raffinées. Il a magnifiquement crucifié l’équipe de France, en amical en février dernier, et nos journaleux semblent déjà l’avoir oublié…

Clément Grenier (milieu relayeur gauche, a le malheur d’être meilleur que Gourcuff)
Si Pierre Ménès le réclame depuis quelques semaines en équipe de France (ça doit être son pote), les médias français ne se précipitent pas pour faire l’éloge de Clément Grenier. Ce joueur chahuté à Lyon et qui aurait pu partir à Nice cet été. Ce numéro 10 excellent dès qu’il joue, même à un poste d’ailier gauche où Rémi Garde fait tout pour le rendre mauvais. A trop faire d’ombre au magnifique Yoann Gourcuff, il faut dire qu’il l’a bien cherché Grenier ! Mis en lumière par Steed Malbranque en début de saison, le jeunot de 22 ans tient à lui tout seul le jeu de l’OL depuis que son compère du milieu s’est éteint. Un créateur brillant, auteurs de jolis contrôles, d’orientations bien senties et de frappes souvent soudaines. Bref, un profil rare en Bleu dont on n’entend jamais parler. Évidemment…

Thomas Müller (attaquant droit incognito)
Lorsque le journaliste français s’intéresse au Bayern Munich, il commence forcément par évoquer le « meilleur joueur de tous les temps » Franck Ribéry. Arrive alors le génie du dribble inutile Arjen Robben, puis Bastian Schweinsteiger. Avec un peu de chance, on nous glisse un mot ou deux sur ce sympathique arrière-droit qu’est Philippe Lahm. Il est en revanche assez rare que l’on s’attarde sur Thomas Müller, l’ailier merveilleux qui brille également en sélection allemande. Avec la Mannschaft, le constat est d’ailleurs le même. Le curseur est pointé sur Mesut Özil, Lukas Podolski, Miroslav Klose, encore Schweinsteiger, voire Marco Reus désormais, mais rarement sur lui. Pourtant, Müller est l’un des plus grands artisans de l’excellente santé du football allemand. Capable d’évoluer à droite mais aussi derrière l’attaquant, il frappe fort, centre bien, dribble intelligemment, joue intelligemment. Bref, il excelle dans une sorte d’anonymat assez déroutant. Tant mieux pour ses employeurs après tout…

Olivier Giroud (avant-centre préféré de Canal +)
La bêtise journalistique a atteint son paroxysme cette saison quand il a fallu évoquer les prestations d’Olivier Giroud en Angleterre. Passé de Montpellier à Arsenal, le superbe attaquant tricolore partait déjà avec un lourd handicap: il était considéré, par l’ensemble de la profession, comme un joueur « en surrégime » dans l’Hérault. Alors que les prestations navrantes de Sagna, Diaby, Nasri et autre Cabaye sont constamment passées sous silence par la troupe de Canal Plus, Olivier Giroud est donc le seul Français évoluant dans le soi-disant meilleur championnat du monde qui reçoit des critiques négatives. Qu’ils s’appellent Stéphane Guy ou encore Jacques Crevoisier, ces observateurs à trois francs six sous adorent ternir la belle intégration du Tricolore chez les Gunners avec des commentaires malhonnêtes et désobligeants. Giroud, qui n’est ni un sprinteur, ni un dribbleur, ne plaît pas. C’est un fait. Et ce n’est pas le minuscule soutien qu’il reçoit pour en faire un titulaire en équipe de France qui va contredire ce constat. En France, on préfère encore se coltiner un Benzema égoïste et immature plutôt que de laisser sa chance au « surcoté Giroud, qui n’a percé que dans la très faible Ligue 1. » Médiocre mentalité…

Pedro Rodriguez (attaquant gauche, simply the best)
Il ne sera évidemment jamais Lionel Messi. Mais Pedro Rodriguez est un joueur-clé au Barça et en Espagne. Sous-coté parce qu’il manipule avec moins de brio que ses camarades le précieux ballon, le virevoltant ailier n’en reste pas moins un joueur d’exception. Oui mesdames (si si, il y en a) et messieurs, Pedro est exceptionnel par sa capacité à jouer simple. Il est l’un des rares, justement, à posséder cette qualité essentielle. Pendant que d’autres ailiers, sans doute plus doués techniquement, mélangent jeu génial et jeu complexe, Pedro, lui, sait qu’un bon choix prévaut sur tout le reste. Spontané, dans ses centres comme dans ses frappes, le champion du monde et double champion d’Europe est l’un des attaquants les plus dangereux au monde. Et ce n’est pas le PSG qui dira le contraire…

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