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Brésil, la mauvaise pub

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Deux hommes grièvement blessés mais pas de mort, c’est un petit miracle que le bilan de Joinville ne soit pas plus lourd. Les violents affrontements qui ont émaillé la rencontre de championnat du Brésil entre l’Atletico Paranaense et Vasco de Gama, dimanche, n’en soulèvent pas moins une vive polémique au pays qui en juin prochain accueillera la Coupe du monde.

Sous le choc. Le Brésil est groggy après la découverte d’images d’une violence inouïe déchainée au prétexte d’un match de football entre l’Atletico Paranaense et Vasco de Gama. Délocalisé à Joinville alors que l’Atletico ne pouvait recevoir sur son terrain (le huis clos n’existant pas au Brésil, le match devait se jouer sur terrain neutre, à plus de 120 kilomètre de la ville sanctionnée), ce match de championnat était placé sous la responsabilité d’une société privée pour ce qui est de la sécurité des spectateurs. Un comble aux yeux de Juninho, joueur du Vasco en pleine convalescence.

« Je n’ai pas de mots pour décrire ce que j’ai vu devant la télévision. L’Atlético, qui avait perdu le droit de jouer à domicile, a décidé de délocaliser la rencontre à Joinville et de confier la sécurité à une entreprise privée. Ça veut dire que la police militaire, qui s’occupe de la sécurité de tous les matches habituellement, n’était pas dans le stade, dixit l’ancien Lyonnais sur les ondes de RMC. On avait besoin d’une victoire pour se sauver (Vasco de Gama a perdu 5-1 après une heure d’interruption, ndlr) mais on s’en fout après ce qui est arrivé. Des supporters sont tombés, ont été écrasés par des bras, des jambes, ils ont pris des coups sur la tête. J’ai demandé à ma fille de sortir de la pièce pour qu’elle ne voie pas ces images. J’ai vu des joueurs pleurer sur le terrain et ne pas vouloir continuer la partie. Ces images vont rester gravées dans la tête de beaucoup de gens qui aiment le foot. »

« Triste et lamentable »

Pour Juninho, le match n’aurait jamais dû reprendre son cours après une telle débauche de violence et alors que les supporters les plus grièvement blessés, au nombre de deux, venaient d’être évacués par hélicoptère. « Si j’avais été sur le terrain, je n’aurais pas eu la force de continuer à jouer sans penser aux supporters blessés. Toute l’équipe de Vasco a demandé de ne pas reprendre le match. L’arbitre a attendu pendant plus d’une heure. Le responsable de la police militaire a donné son feu vert pour rejouer. C’est fou d’avoir confié la sécurité de ce match à une société privée, vu la tension entre les deux équipes. Si la police militaire avait été dans le stade dès le départ, avec la ligne qui existe normalement, ça n’aurait pas pu arriver. Pourquoi la police n’est-elle pas impliquée dans un tel match ? C’est très étonnant. »

L’image du Brésil, à six mois désormais du Mondial 2014, s’en trouve fatalement écornée. « Pour un pays qui accueille la Coupe du monde l’année prochaine, c’est très triste« , a réagi à chaud Alessandro, le gardien de but du Vasco. « Ces événements sont tristes et lamentables à quelques mois de la Coupe du monde, et il est tout aussi lamentable que le match ait repris », s’indigne pour sa part l’entraîneur du club de Rio Adilson Batista. Même conclusion teintée de préoccupation dans les mots de Juninho: « C’est désolant et j’espère que les autorités vont réagir parce que le monde entier va attendre des réponses. Le Brésil va recevoir la Coupe du monde et il doit offrir la sécurité à tout le public.« 

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